Valeria Parella nous avait habitué à la suivre à Naples. Cette fois-ci, avec “La Fortuna” (Ed. Feltrinelli, 2022), elle nous emmène un peu plus loin

C’est à Pompéi qu’elle fait naître Lucio, le personnage principal de son roman La Fortuna. Le titre fait plus allusion à la fortune comme destin plus que comme simple chance. Lucio est né pendant le tremblement de terre du 5 février 62. Il n’aurait pas dû y survivre et pourtant il est là, bien vivant. Sa mère elle non plus, n’aurait pas dû y survivre et pourtant elle est là, bien vivante elle aussi. Toute sa vie, Lucio va faire face à un destin contraire. Il découvre qu’il est borgne mais il trouvera le moyen de palier ce handicap, par ses origines il est destiné à être sénateur mais il finira là et comme il le voulait, sur un bateau. Très jeune il part à Rome et découvre une ville magnifique, construite en marbre mais entourée d’une banlieue pauvre où il va découvrir les tavernes et l’amour. Rien ne le décourage, rien ne vient à bout de sa volonté de faire ce qu’il veut.

Roman qui raconte l’adolescence puis la maturité d’un jeune garçon à Pompéi et à Rome, La Fortuna est aussi le nom du bateau que Lucio commandera après une formation auprès de Pline l’Ancien, son mentor. C’est lui qui lui permettra de commander un navire. Pline mourra sous les cendres lors de l’éruption du Vésuve parce qu’il était descendu à terre malgré les mises en garde de Lucio L’explosion du Vésuve est, pour l’autrice, l’occasion de nous plonger dans un nuage de cendre qui recouvre Pompéi mais aussi et surtout la mer sur laquelle Lucio va affronter plusieurs raz-de-marée et les doutes de son équipage.

Valeria Parella campe ses personnages dans un monde romain qu’elle décrit et dans lequel on plonge comme si on y était. Les valeurs sont telles qu’un père reproche à son fils d’avoir gracié tous les gladiateurs, la condamnation à mort d’un serviteur pour une faute vénielle n’émeut personne, les Parques influencent la vie des hommes. La Fortuna raconte la lutte d’un adolescent, Lucio, pour devenir ce qu’il sent être. Une histoire de rencontres, de volonté et de persévérance dans un monde parfaitement recrée.

Philippe Poivret

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