L’art de la perle qui naît du dialogue entre le feu et le verre, est un véritable patrimoine vivant qui se perpétue à Venise depuis le Moyen-Âge.

 perlesVenise_feb2021

Héritiers de la tradition byzantine, les perliers de Venise n’ont cessé d’innover et leurs créations ont assuré à la Sérénissime son essor fulgurant et son rayonnement. Ils ont créé une infinité de perles qui diffèrent en fonction de la technique adoptée. Les rocailles monochromes, minuscules, sont utilisées dès le XIVe siècle pour les colliers multi-rangs et les broderies. Curieuse technique : deux hommes tirent en courant en sens inverse un globe de verre en fusion et l’étirent en un très long tube. La bulle initiale s’allonge en tube qui est fragmenté en baguettes, puis en perles. Pour les perles Rosetta, ou perles à chevron, au XVe siècle, les cannes trouées sont revêtues de plusieurs couches de verre de différentes couleurs. Une fois meulées, apparait le motif en V. Le XVIe siècle voit l’apparition des perles de verre soufflé : le souffleur crée la forme puis y dépose des couleurs de verre variées ou de l’or. Ses mouvements figent les formes spiralées. Pour les perles a lume, on fond au chalumeau des baguettes de verre en les enroulant sur un mandrin et on leur donne différentes formes. Quant aux murrine, ce sont des cannes de verre multicolores assemblées autour d’un noyau.

Dès le XIIIe siècle, commerçants et explorateurs, tel Marco Polo, emportaient des cargaisons de perles qui leur servaient de monnaie d’échange : elles étaient troquées contre de l’or, des épices, de l’ivoire en Asie, en Afrique puis en Amérique. N’oublions pas le rôle qu’elles ont joué dans le commerce triangulaire du XVIe au XIXe siècle. Comme tous les verriers qui en 1291 se sont déplacés vers l’île de Murano pour éviter les incendies, les perliers, soumis au contrôle du gouvernement, ne pouvaient quitter Venise sous peine de mort.

L’État les protégeait mais ils étaient prisonniers pour garder leurs secrets de fabrication qui, malheureusement, au fil du temps se sont éventés. Ces perles de verre, véritables œuvres d’art, ont subi de plein fouet la concurrence asiatique et, depuis l’an dernier, la crise liée au Covid-19. Vont-elles recouvrer leurs couleurs grâce à la décision de l’Unesco qui les a sacralisées bien culturel immatériel du patrimoine de l’humanité ? Un grand élan s’est élevé depuis cette consécration, souhaitons tous qu’il perdure !

 Nicole de Paleville

 

Potrebbe interessarti anche questo

Giornata mondiale dei rifugiati: in Lussemburgo cresce la preoccupazione per il nuovo Patto su migrazione e asilo

Giornata mondiale dei rifugiati 2026: le organizzazioni per la difesa dei diritti umani esprimono le loro vive preoccupazioni riguardo al recepimento del Patto europeo su migrazione e asilo In vista della Giornata mondiale dei rifugiati del 20 giugno, la Commissione…

L’armonia collettiva di Gaho e Kave: l’onda coreana tra Parigi, Milano e Amsterdam

Gaho, all’anagrafe Kang Dae-ho, non è solo la voce celestiale dietro i successi planetari delle serie TV coreane, ma un artista poliedrico che ha saputo evolversi da compositore “dietro le quinte” a icona del pop-rock.  Insieme alla sua band, i…

Oltre l’algoritmo: l’indagine sul sacro come atto di resistenza

In un’epoca dominata dal “pensiero computazionale” e dalla fredda logica delle Big Tech, l’essere umano rischia di smarrire la propria identità, scivolando da soggetto libero a oggetto statistico. È in questo scenario di “eclissi della ragione” che si inserisce “Indagine…

Il diritto di navigazione in acque internazionali e il ritorno alla guerra di corsa

L’arrembaggio e il sequestro in acque internazionali atlantiche  ( 400 miglia a ovest  della Normandia) del Crude Oil Tanker TAGOR battente bandiera del Madagascar (IMO 9282481) in rotta da Murmansk al Camerun, a stive probabilmente vuote, da parte della Marina…