{"id":35362,"date":"2026-07-23T14:41:01","date_gmt":"2026-07-23T12:41:01","guid":{"rendered":"https:\/\/passaparola.info\/web\/?p=35362"},"modified":"2026-07-23T14:41:02","modified_gmt":"2026-07-23T12:41:02","slug":"scrivere-il-cielo-vecchioni-raconte-sa-douleur-et-ses-amours","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passaparola.info\/web\/2026\/07\/23\/scrivere-il-cielo-vecchioni-raconte-sa-douleur-et-ses-amours\/","title":{"rendered":"\u00abScrivere il cielo\u00bb : Vecchioni raconte sa douleur et ses amours"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Dans <em>Scrivere il cielo<\/em>, (<a href=\"https:\/\/www.einaudi.it\/catalogo-libri\/narrativa-italiana\/narrativa-italiana-contemporanea\/scrivere-il-cielo-roberto-vecchioni-9788806271923\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.einaudi.it\/catalogo-libri\/narrativa-italiana\/narrativa-italiana-contemporanea\/scrivere-il-cielo-roberto-vecchioni-9788806271923\/\">Einaudi<\/a>, 2026) Roberto Vecchioni remonte le fil de son existence \u00e0 rebours, des po\u00e8mes les plus r\u00e9cents jusqu&#8217;\u00e0 ceux de son adolescence. Organis\u00e9 par d\u00e9cennies, de 2025 \u00e0 1950, ce recueil m\u00eale intimement douleur et amour : un divorce, la mort de son fils Arrigo, l&#8217;alcoolisme surmont\u00e9, mais aussi la musique et la po\u00e9sie comme fils conducteurs de toute une vie. Sans jamais c\u00e9der \u00e0 la confession complaisante, l&#8217;auteur y confronte ses doutes sur Dieu et sur le sens des choses. \u00c0 83 ans, il livre un texte d&#8217;une grande authenticit\u00e9, empreint d&#8217;une s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 longuement conquise<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img  loading=\"lazy\"  src=\"data:image\/png;base64,iVBORw0KGgoAAAANSUhEUgAAAAEAAAABAQMAAAAl21bKAAAAA1BMVEUAAP+KeNJXAAAAAXRSTlMAQObYZgAAAAlwSFlzAAAOxAAADsQBlSsOGwAAAApJREFUCNdjYAAAAAIAAeIhvDMAAAAASUVORK5CYII=\"  alt=\"\"  class=\"wp-image-35364 pk-lazyload\"  width=\"254\"  height=\"402\"  data-pk-sizes=\"auto\"  data-ls-sizes=\"(max-width: 254px) 100vw, 254px\"  data-pk-src=\"https:\/\/passaparola.info\/web\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/vecchioni.jpg\"  data-pk-srcset=\"https:\/\/passaparola.info\/web\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/vecchioni.jpg 475w, https:\/\/passaparola.info\/web\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/vecchioni-189x300.jpg 189w\" ><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Roberto Vecchioni, auteur compositeur interpr\u00e8te bien connu, mais aussi enseignant et surtout po\u00e8te, regarde sa vie \u00e0 rebours dans <em>Scrivere il cielo<\/em>. Ce qui ne veut pas dire qu&#8217;il va s&#8217;adresser au ciel et encore moins d\u00e9crire le paradis. Il se penche sur sa vie en partant d&#8217;aujourd&#8217;hui pour remonter \u00e0 ses premi\u00e8res ann\u00e9es. Ce qui, d&#8217;habitude, se fait avec un album photo en partant du plus ancien pour arriver au plus r\u00e9cent. Mais lui, il part des po\u00e8mes \u00e9crits ces derni\u00e8res ann\u00e9es pour arriver \u00e0 ceux qu&#8217;il a \u00e9crits encore adolescent voire enfant. D&#8217;o\u00f9 le sous-titre <em>Poesie al contrario<\/em>, po\u00e9sie \u00e0 rebours, et d&#8217;o\u00f9 aussi la page de couverture avec tous ces oiseaux qui s&#8217;envolent \u00e0 partir de lui et au-dessus de lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Roberto Vecchioni a d\u00e9coup\u00e9 ce recueil en p\u00e9riodes de dix ans qu&#8217;il pr\u00e9c\u00e8de, \u00e0 chaque fois, d&#8217;un commentaire plein de tact et de retenue sur la vie qu&#8217;il a men\u00e9e. De 2025 \u00e0 1950, on le suit depuis ses 83 ans actuels jusqu&#8217;\u00e0 la dizaine d&#8217;ann\u00e9es de ses premiers textes.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Dolore e amore<\/em> pourraient \u00eatre les deux p\u00f4les de toute sa vie. Et ces deux p\u00f4les se m\u00e9langent quand il parle du \u00ab filo spinato dell&#8217;amore, \/ sanguinosa dolcezza \/ tra il silenzio e il suono \u00bb. Un divorce, la mort d&#8217;un enfant, l&#8217;alcoolisme aujourd&#8217;hui oubli\u00e9 n&#8217;ont jamais d\u00e9truit son talent d&#8217;\u00e9crivain, de po\u00e8te ou de musicien. Lui qui dit parler tous les soirs \u00e0 Arrigo, son troisi\u00e8me enfant, celui qui est d\u00e9c\u00e9d\u00e9, en parle dans <em>Profumo di sandalo<\/em>. Roberto Vecchioni y rappelle ce qu&#8217;est un enfant pour un p\u00e8re, ce que repr\u00e9sente une disparition aussi dure, et ce qui persistera toujours : un parfum, une odeur. Premier de nos cinq sens, l&#8217;odorat, notre sens le plus archa\u00efque, se prolonge par le silence. Inabordable, inconcevable, invivable pour un po\u00e8te ou un musicien.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout au long des ann\u00e9es, depuis le d\u00e9but, la po\u00e9sie est, pour lui, le centre de sa vie. Et l&#8217;on comprend vite qu&#8217;une femme et la musique ont toujours \u00e9t\u00e9 les deux p\u00f4les qui l&#8217;ont guid\u00e9. Ce qu&#8217;il nous confirme lui-m\u00eame. La po\u00e9sie vient en \u00e9cho, en reflet, en dialogue avec la musique. Il est difficile d&#8217;imaginer Roberto Vecchioni sans les mots, sans les po\u00e8tes, sans une guitare, sans la musique. Tous, ils sont indissociables m\u00eame si le silence est l&#8217;ultime \u00e9tape. \u00ab Il silenzio l&#8217;insieme di ogni voce \u00bb (p. 38), nous dit-il dans un po\u00e8me intitul\u00e9 <em>Esodo (Io sono l\u00e0)<\/em>. L&#8217;exode, titre de ce po\u00e8me, renvoie vers le ciel. Il est question de Dieu tout au long du recueil, et on sent bien qu&#8217;il a quelques interrogations \u00e0 ce sujet. Parfois croyant, parfois moins, le doute est pr\u00e9sent tout au long de sa vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans \u00eatre un bilan, sans confession mal venue, <em>Scrivere il cielo<\/em> est le r\u00e9cit d&#8217;une vie faite de douleurs et d&#8217;amour. Roberto Vecchioni aborde les contradictions de la vie de plein front, sans jamais baisser les bras ni renoncer, sans jamais \u00e9dulcorer ce qui ne peut pas l&#8217;\u00eatre. Ce \u00e0 quoi nous sommes confront\u00e9s tout au long de nos vies, tant en ce qui concerne la ou les douleurs que le ou les amours, voil\u00e0 ce qui est au c\u0153ur de ce recueil plein d&#8217;une authenticit\u00e9 qui t\u00e9moigne, \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 83 ans, d&#8217;une s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et d&#8217;un apaisement longtemps attendus.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Ma bastano<\/em><br><em>due pennellate di cielo<\/em><br><em>e il sospiro lieve d&#8217;un sorriso<\/em><br><em>umano<\/em><br><em>per ritrovare la sinfonia di sempre<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a donc une symphonie dans notre monde. Ce sera par la po\u00e9sie, qui ne fait pas comprendre mais ressentir, nous dit Roberto Vecchioni, que nous retrouverons ou trouverons cet \u00e9quilibre, cette beaut\u00e9, cette symphonie si rare et si pr\u00e9cieuse.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Philippe Poivret<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Scrivere il cielo<\/strong><br>Roberto Vecchioni<br>Ed. Einaudi, 12 mai 2026, 296 pages, 19 euros<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Dans Scrivere il cielo, (Einaudi, 2026) Roberto Vecchioni remonte le fil de son existence \u00e0 rebours, des po\u00e8mes les plus r\u00e9cents jusqu&#8217;\u00e0 ceux de son adolescence. 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