{"id":27099,"date":"2024-04-21T17:55:34","date_gmt":"2024-04-21T15:55:34","guid":{"rendered":"https:\/\/passaparola.info\/web\/?p=27099"},"modified":"2024-04-21T17:55:36","modified_gmt":"2024-04-21T15:55:36","slug":"entre-silence-et-tonnerre-roberto-vecchioni-se-raconte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passaparola.info\/web\/2024\/04\/21\/entre-silence-et-tonnerre-roberto-vecchioni-se-raconte\/","title":{"rendered":"Entre silence et tonnerre: Roberto Vecchioni se raconte"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><a href=\"https:\/\/www.einaudi.it\/catalogo-libri\/narrativa-italiana\/narrativa-italiana-contemporanea\/tra-il-silenzio-e-il-tuono-roberto-vecchioni-9788806255084\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.einaudi.it\/catalogo-libri\/narrativa-italiana\/narrativa-italiana-contemporanea\/tra-il-silenzio-e-il-tuono-roberto-vecchioni-9788806255084\/\">Tra il silenzio e il tuono<\/a> (Einaudi, 2024). Le silence, la musique, les mots, Roberto Vecchioni, le Professeur, po\u00e8te, romancier, auteur compositeur-interpr\u00e8te, nous les pr\u00e9sente dans ce qu\u2019ils ont de plus profonds avec ce roman<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img  loading=\"lazy\"  src=\"data:image\/png;base64,iVBORw0KGgoAAAANSUhEUgAAAAEAAAABAQMAAAAl21bKAAAAA1BMVEUAAP+KeNJXAAAAAXRSTlMAQObYZgAAAAlwSFlzAAAOxAAADsQBlSsOGwAAAApJREFUCNdjYAAAAAIAAeIhvDMAAAAASUVORK5CYII=\"  alt=\"\"  class=\"wp-image-27102 pk-lazyload\"  width=\"354\"  height=\"561\"  data-pk-sizes=\"auto\"  data-ls-sizes=\"(max-width: 354px) 100vw, 354px\"  data-pk-src=\"https:\/\/passaparola.info\/web\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/vecchioni.png\"  data-pk-srcset=\"https:\/\/passaparola.info\/web\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/vecchioni.png 472w, https:\/\/passaparola.info\/web\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/vecchioni-189x300.png 189w\" ><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Pendant soixante-treize ans, un adolescent qui devient un jeune homme puis un homme \u00e9crit des lettres \u00e0 son grand-p\u00e8re qui lui, \u00e9crit \u00e0 des amis, des connaissances et des personnages connus ou non. Mais parfois, il s\u2019agit de personnages fictifs. Ce gar\u00e7on et ce vieil homme ne se r\u00e9pondent jamais parce qu\u2019il s\u2019agit en fait d\u2019un seul et m\u00eame homme. Le gar\u00e7on raconte sa vie dans ce qu\u2019elle a de plus quotidien et aussi de plus intime pendant que son grand-p\u00e8re se raconte au travers de ses r\u00e9flexions, de ses exp\u00e9riences, de ce qu\u2019il a appris de la vie Tous les deux aiment la po\u00e9sie, la litt\u00e9rature et la musique. Et \u00e0 la fin on ne fait plus attention \u00e0 celui qui parle. En fait, c\u2019est Roberto Vecchioni qui parle au travers de ces deux personnages. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans beaucoup de ces lettres, il est question de litt\u00e9rature et les opinions des deux protagonistes vont parfois \u00e0 l\u2019encontre des id\u00e9es re\u00e7ues. Si Dante est le plus grand po\u00e8te, il est celui qui invente un parcours l\u00e0 o\u00f9 Pascal fait face \u00e0 la vie, s\u2019\u00e9tonne et a peur. Si P\u00e9trarque est porteur d\u2019espoir, Dante, lui, \u00a0montre une humanit\u00e9 sans espoir. Ce qui vaut au po\u00e8te dont la muse s\u2019appelait Laure, l\u2019admiration du grand-p\u00e8re. Carducci n\u2019a visiblement pas la faveur du lyc\u00e9en qui ne le supporte pas. Rigide, perfectionniste, nostalgique de valeurs d\u00e9pass\u00e9es, l\u2019adolescent ne comprend pas pourquoi il a re\u00e7u le prix Nobel. Quant au grand-p\u00e8re, il est d\u2019accord avec cette belle citation de Pessoa \u00ab\u00a0Tous les hommes sont des exceptions \u00e0 une r\u00e8gle qui n\u2019existe pas\u00a0\u00bb. La po\u00e9sie est tr\u00e8s pr\u00e9sente dans la vie des deux protagonistes\u00a0\u00ab\u00a0Un po\u00e8te est quelqu\u2019un qui voit ce que nous ne voyons pas\u00a0\u00bb. Eugenio Montale a r\u00e9sum\u00e9 ce qu\u2019est la po\u00e9sie pour le grand-p\u00e8re et son petit-fils. Tous les deux ont la m\u00eame passion pour le grec, cette langue qui a appris au plus \u00e2g\u00e9 \u00e0 vivre \u00ab\u00a0dans un jardin aux sentiers qui bifurquent\u00a0\u00bb (Titre d\u2019une nouvelle de Jean Louis Borges). C\u2019est aussi le grec qui a permis au plus jeune de d\u00e9couvrir le rythme des mots et une po\u00e9sie faite de mots qui bercent l\u2019esprit et permettent de dire si bien la m\u00e9lancolie, la joie ou la douleur.<\/p>\n\n\n\n<p>On d\u00e9couvre aussi au fil des lettres, les confidences de Roberto Vecchioni&nbsp;: une rupture amoureuse qui sera d\u00e9pass\u00e9e avec une rose et un billet gliss\u00e9s sous un essuie-glace, la rencontre avec sa seconde femme qui avait \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e par \u00ab&nbsp;L\u2019uomo che si gioca a dadi&nbsp;\u00bb, la mort d\u2019un enfant \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte, douleur qui ne cicatrisera jamais. Tout est racont\u00e9 avec pudeur et avec une discr\u00e9tion qui refl\u00e8tent toute la sensibilit\u00e9 des textes et de la musique de leur auteur. De temps a autre, une allusion \u00e0 l\u2019artiste qu\u2019est Roberto Vecchioni surgit avec une citation comme celle tir\u00e9e de \u00ab&nbsp;Canzone per Alda Merini&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;Vivere come le cose che dici&nbsp;\u00bb. Cette injonction sera reprise dans d\u2019autres missives et compl\u00e9t\u00e9e par \u00ab&nbsp;se souvenir d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 un enfant toute sa vie&nbsp;\u00bb ou par ce que r\u00e9pond un habitant de l\u2019Amazonie \u00e0 un europ\u00e9en \u00ab&nbsp;tu devrais t\u2019arr\u00eater de temps en temps et attendre que ton \u00e2me te rejoigne&nbsp;\u00bb Roberto Vecchioni raconte la gen\u00e8se de Samarcanda, l\u2019un de ses plus grands succ\u00e8s. L\u2019id\u00e9e de substituer le serviteur de la l\u00e9gende par un soldat pour corser l\u2019histoire lui est venue en conduisant. Et en pensant trop \u00e0 son texte et \u00e0 la musique il a failli heurter la voiture devant lui. Ce qui lui a fait trouver le fameux \u00ab&nbsp;OhOh cavallo&nbsp;\u00bb \u00e0 la place de \u00ab&nbsp;Oh oh coglione&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Professeur, Roberto Vecchioni le reste en \u00e9crivant ce livre. La musique de Schubert confront\u00e9e \u00e0 celles de Mozart et Beethoven, la pens\u00e9e de Kant ou de Hegel, Pavese et Baudelaire, le cin\u00e9ma avec \u00ab&nbsp;Les invasions barbares&nbsp;\u00bb, sont magnifiquement expliqu\u00e9s et situ\u00e9s dans leur contexte. Sans oublier une joute m\u00e9morable entre le petit-fils et son professeur de litt\u00e9rature, joute qui m\u00e9rite \u00e0 elle seule la lecture de toutes ces lettres.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Tra silenzio e tuono\u00a0\u00bb, entre le silence et la fureur, Roberto Vecchioni nous livre un roman construit de mani\u00e8re \u00e9tonnante. Il raconte toute une vie avec tout ce qu\u2019un homme peut et doit en attendre. Par son \u00e9criture simple et directe, il vient compl\u00e9ter une \u0153uvre d\u00e9j\u00e0 riche de musiques et de textes emprunts d\u2019une po\u00e9sie pleine de rythmes et de constructions qui paraissent \u00e9videntes d\u00e8s le premier mot, la premi\u00e8re note.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Philippe Poivret<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tra il silenzio e il tuono<\/p>\n\n\n\n<p>Roberto Vecchioni<\/p>\n\n\n\n<p>Ed. Einaudi, 2024, 184 pages, 18 euros<\/p>\n\n\n\n<p>Le site de Roberto Vecchioni : <a href=\"https:\/\/vecchioni.org\/\">https:\/\/vecchioni.org\/<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Tra il silenzio e il tuono (Einaudi, 2024). 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