{"id":19310,"date":"2022-06-05T20:37:33","date_gmt":"2022-06-05T18:37:33","guid":{"rendered":"https:\/\/passaparola.info\/web\/?p=19310"},"modified":"2022-06-05T20:37:35","modified_gmt":"2022-06-05T18:37:35","slug":"piazzale-senza-nome-recueil-des-poemes-de-luigia-sorrentino","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/passaparola.info\/web\/2022\/06\/05\/piazzale-senza-nome-recueil-des-poemes-de-luigia-sorrentino\/","title":{"rendered":"Piazzale senza nome,  recueil des po\u00e8mes de Luigia Sorrentino"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>C\u2019est un espace vide, une place, une placette, une petite ou une grande place, une esplanade. Finalement, on n\u2019en sait rien. Peu importe. Il n\u2019y a personne ou presque. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 l\u2019escalier de la Villa Communale, de l\u2019autre quelques logements sociaux. On est dans un endroit vide, sans nom, la <em>Piazzale senza nome<\/em> comme l\u2019indique le titre du recueil que publie Luigia Sorrentino. Et ce qui s\u2019y passe n\u2019a pas, non plus, de nom<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La place, donc. Elle est dans une petite ville de la Campanie, pas tr\u00e8s loin de Naples. C\u2019est l\u00e0 mais \u00e7a pourrait \u00eatre partout ailleurs dans le monde. Sur cette place, de jeunes drogu\u00e9s vivent, survivent et meurent. Luigia nous pr\u00e9vient tout de suite. Il va \u00eatre question de la mort. Celles des jeunes et celles des anciens. Mais ce n\u2019est pas la m\u00eame mort. Une citation de Plutarque, plac\u00e9e en exergue nous rappelle que \u00ab\u00a0la mort des anciens est comme l\u2019approche d\u2019un port, mais la mort des jeunes est une perte, un naufrage\u00a0\u00bb (Plutarque-Fragment 205). Et de la mort, \u00e0 tout \u00e2ge il va en \u00eatre question tout au long des quatre-vingt-deux po\u00e8mes \u00e9crit sur une p\u00e9riode de deux ans.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft size-large\"><img  loading=\"lazy\"  width=\"353\"  height=\"500\"  src=\"data:image\/png;base64,iVBORw0KGgoAAAANSUhEUgAAAAEAAAABAQMAAAAl21bKAAAAA1BMVEUAAP+KeNJXAAAAAXRSTlMAQObYZgAAAAlwSFlzAAAOxAAADsQBlSsOGwAAAApJREFUCNdjYAAAAAIAAeIhvDMAAAAASUVORK5CYII=\"  alt=\"\"  class=\"wp-image-19311 pk-lazyload\"  data-pk-sizes=\"auto\"  data-ls-sizes=\"(max-width: 353px) 100vw, 353px\"  data-pk-src=\"https:\/\/passaparola.info\/web\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/piazzale-senza-nome.jpg\"  data-pk-srcset=\"https:\/\/passaparola.info\/web\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/piazzale-senza-nome.jpg 353w, https:\/\/passaparola.info\/web\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/piazzale-senza-nome-212x300.jpg 212w\" ><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Dures, denses, \u00e9paisses, sans concession, la grande majorit\u00e9 de ces pages est d\u00e9di\u00e9e aux jeunes drogu\u00e9s. Quelques pages \u00e0 la fin et en cours de route sont d\u00e9di\u00e9es \u00e0 son p\u00e8re mort \u00e0 un \u00e2ge avanc\u00e9. Mais la douleur, la perte, le vide sont l\u00e0. Gar\u00e7on ou fille, leur vie est ruin\u00e9e par la poudre blanche, la neige qui glace leur sang, qui les d\u00e9truit inexorablement. Luigia Sorrentino ne juge pas, elle raconte avec ses mots, ses vers, ses phrases, ce qu\u2019elle a vu sur cette place dans un village qu\u2019elle connait bien.<\/p>\n\n\n\n<p>Victimes expiatoires d\u2019on ne sait quelle faute, celles et ceux dont la jeunesse heureuse est seulement effleur\u00e9e \u00ab&nbsp;beata, sfiorezza giovinezza&nbsp;\u00bb (P. 16) n\u2019ont plus rien&nbsp;; ils seront exclus de tout, m\u00eame si leur vie a couru dans le sein maternel \u00ab&nbsp;nella calma materna\/ corre tutta la vita&nbsp;\u00bb (P.21). Ils ne se souviennent pas du giron maternel, n\u2019en profiteront plus. Ils souffriront pour rien, la poudre blanche est leur seul horizon. Ils n\u2019obtiendront jamais de r\u00e9ponse. Ils sont pass\u00e9s dans un autre monde et il n\u2019est plus possible de les y rejoindre m\u00eame si on sent bien dans tous ces po\u00e8mes que Luigia Sorrentino cherche \u00e0 comprendre ce qui leur est arriv\u00e9, \u00e0 les approcher. Et qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9e par ce qu\u2019elle a vu sur cette place vide. Avec ses mots, elle nous fait voir le d\u00e9sastre. Il est d\u00e9j\u00e0 trop tard pour les sortir de cette place. La mort est au bout du chemin, elle est toute proche, elle est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 et sera toujours l\u00e0. \u00abTutto \u00e8 bianco e nero\u201d (P.25). Tout est blanc et noir. Il n\u2019y a plus de place pour les couleurs. La neige, c\u2019est de l\u2019h\u00e9ro\u00efne, de la drogue et elle est blanche. La mort, elle, est noire. Il n\u2019y a rien d\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Fait de po\u00e8mes et de textes en prose, ce recueil \u00e9prouvant est une plong\u00e9e dans un monde qui n\u2019a plus aucun sens. M\u00eame l\u2019amour, qui pourtant existe, n\u2019y trouvera pas une vraie place. Ce qui frappe \u00e0 la lecture de tous ces po\u00e8mes, est le fait que Luigia Sorrentino r\u00e9ussit \u00e0 donner un caract\u00e8re sacr\u00e9 \u00e0 ces jeunes gens, \u00e0 ces jeunes drogu\u00e9s, gar\u00e7ons et filles. Inatteignables, victimes d\u2019un sacrifice dont ni eux ni nous ne connaissons le sens, ils sont infiniment respectables. Hommes et femmes, encore enfants, totalement irresponsables, ils existent. Et ils interrogent quelque chose que nous avons de plus profond et de plus myst\u00e9rieux en nous. Et c\u2019est bien ce que Luigia Sorrentino r\u00e9ussit \u00e0 nous montrer, \u00e0 nous faire comprendre. Presque un miracle.<\/p>\n\n\n\n<p>Il reste, pour le public fran\u00e7ais, \u00e0 attendre la traduction de ce magnifique recueil. Esp\u00e9rons qu\u2019un \u00e9diteur fran\u00e7ais sollicite une traductrice ou un traducteur.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Philippe\u00a0Poivret<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Piazzale senza nome<\/em><br>Luigia Sorrentino<br>Pagine 102<br>Prezzo 13 euro<br>ISBN 978-88-94944-38-9<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.samueleeditore.it\/piazzale-senza-nome-luigia-sorrentino\/\">Piazzale senza nome &#8211; Luigia Sorrentino &#8211; SAMUELE EDITORE<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"C\u2019est un espace vide, une place, une placette, une petite ou une grande place, une esplanade. Finalement, on n\u2019en sait rien. Peu importe. Il n\u2019y a personne ou presque. 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